Pour faire plaisir à Ouly, dont nous comprenons désormais le pseudo :
Graouilly : ce cruel dragon semait l'effroi parmi les habitants de Metz, jusqu'au jour où saint Clément le maîtrisa avec son étole et lui fit quitter les lieux à tout jamais.
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Exact, on parlait de D. Gros dans les commentaires sur le blason de Metz.<br />
Gras...Ouly, c'est bien ça !<br />
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Il nous faudrait un Ouly bis sur le site pour donner la réplique à ce niveau, car tout le monde était largué.<br />
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O
Ouly
17/08/2009 08:02
Ode à Metz<br />
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Je déteste l’artisterie<br />
Qui se moque de la Patrie<br />
Et du vieux nom de Français<br />
Et j’abomine l’Anarchie<br />
Voulant, front vide et main rougie,<br />
Tous peuples fiers-et l’orgie !<br />
Sans autre forme de procès,<br />
Tous peuples frères ! Autant dire<br />
Plus de France, même martyre,<br />
Plus de souvenirs, mêmes amers !<br />
Plus de la raison souveraine,<br />
Plus de la foi sûre et sereine,<br />
Plus d’Alsace et plus de Lorraine<br />
Autant fouetter le flot des mers ;<br />
Autant dire au lion d’Afrique :<br />
Rampe et sois souple sous la trique,<br />
Autant dire à l’aigle des cieux :<br />
Fais ton aire dans le bocage<br />
En attendant la bonne cage<br />
Et l’esclavage et son bagage.<br />
Autant braver l’ire des dieux !<br />
Et quant à l’Art, c’est une offense<br />
A lui faire dès à l’avance<br />
Que de le soupçonner ingrat<br />
Envers la terre maternelle,<br />
Et sa mission éternelle<br />
D’enlever au vent de son aile<br />
Tout ennui qui nous encombrât.<br />
Il nous console et nous civilise,<br />
Il s’ouvre grand comme une église<br />
A tous les faits de la Cité.<br />
Sa voix haute et douce terrible<br />
Nous éveille du songe horrible.<br />
Il passe les esprits au crible<br />
Et c’est la vraie égalité.<br />
Ô Metz, mon berceau fatidique,<br />
Metz, violée et plus pudique<br />
Et plus pucelle que jamais !<br />
Ô ville où riait mon enfance,<br />
Ô citadelle sans défense<br />
Qu’un chef que la honte devance,<br />
Ô mère auguste que j’aimais.<br />
Du moins quelles nobles batailles,<br />
Quel sang pur pour les funérailles<br />
Non de ton honneur, Dieu merci !<br />
Mais de ta vieille indépendance,<br />
Que de généreuse imprudence,<br />
A ta chute quel deuil intense,<br />
Ô Metz, dans ce pays transi !<br />
Or donc, il serait des poètes<br />
Méconnaissant ces sombres fêtes<br />
Au point d’en rire et d’en railler !<br />
Il serait des amis sincères<br />
Du peuple accablé de misères<br />
Qui devant ces ruines fières<br />
Lui conseilleraient d’oublier !<br />
Metz aux campagnes magnifiques,<br />
Rivière aux ondes prolifiques<br />
Coteaux boisés, vignes de feu,<br />
Cathédrale toute en volute,<br />
Où le vent chante sur la flûte,<br />
Et qui lui répond par la Mute,<br />
Cette grosse voix du bon Dieu !<br />
Metz, depuis l’instant exécrable<br />
Où ce Borusse misérable<br />
Sur toi planta son drapeau noir<br />
Et blanc et que sinistre ! Telle<br />
Une épouvantable hirondelle,<br />
Du moins, ah ! tu restes fidèle<br />
A notre amour, à notre espoir !<br />
Patiente encor, bonne ville :<br />
On pense à toi. Reste tranquille.<br />
On pense à toi, rien ne se perd<br />
Ici des hauts pensers de gloire<br />
Et des revanches de l’histoire<br />
Et des sautes de la victoire.<br />
Médite à l’ombre de Fabert.<br />
Patiente, ma belle ville :<br />
Nous serons bientôt mille contre mille,<br />
Non plus un contre cent, bientôt !<br />
A l’ombre où maint éclair se croise,<br />
De Ney, dès lors âpre et narquoise,<br />
Forçant la porte Serpenoise,<br />
Nous ne dirons plus : ils sont trop !<br />
Nous chasserons l’atroce engeance<br />
Et ce sera notre vengeance<br />
De voir jusqu’aux petits enfants<br />
Dont ils voulaient-bêtise infâme ! -<br />
Nous prendre la chair avec l’âme,<br />
Sourire alors qu’on les acclame<br />
Nos drapeaux enfin triomphants !<br />
Ô temps prochains, ô jours que compte<br />
Eperdument dans cette honte<br />
Où se révoltent nos fiertés,<br />
Heures que suppute le culte<br />
Qu’on te voue, ô ma Metz qu’insulte.<br />
Ce lourd soldat, pédant inculte,<br />
Temps, jours, heures sonnez, tintez !<br />
Mute joins à la générale<br />
Ton tocsin, rumeur sépulcrale,<br />
Prophétise à ces lourds bandits<br />
Leur déroute absolue, entière<br />
Bien au delà de la frontière,<br />
Que suivra la volée altière<br />
Des Te deum enfin redits !<br />
<br />
Paul Verlaine − 1892
Merci Philippe, permettez qu'en retour j'agrémente le site de ce texte aussi magnifique que vertueux et tant pis si Blabla fait à nouveau allusion à mon bisaïeul.<br />
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(Pour ceux qui l'ignorent, l'auteur est né le 30 mars 1844 au 2 rue Haute Pierre.)